L’essentiel en bref
- La CEAM est valable dans 31 États : les 27 États de l’UE, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et le Royaume-Uni (Institution commune LAMal).
- Elle couvre les traitements imprévus et médicalement nécessaires en cas de maladie, d’accident ou de maternité pendant un séjour temporaire.
- Tu reçois les prestations selon le droit de l’État de séjour, donc avec ses règles de paiement et ses participations aux coûts.
- En dehors de ces États, l’assurance de base paie les urgences au maximum jusqu’au double du montant que le traitement coûterait en Suisse (art. 36, al. 4, OAMal).
Qu’est-ce que la carte européenne d’assurance maladie ?
La carte européenne d’assurance maladie, abrégée CEAM (en anglais EHIC, European Health Insurance Card), prouve que tu es affilié à l’assurance de base en Suisse. Elle est valable lorsque tu séjournes temporairement dans l’un des États avec lesquels la Suisse coordonne l’assurance-maladie : les 27 États de l’UE, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et le Royaume-Uni. Temporairement signifie : vacances, voyage d’affaires, visite ou court séjour après lequel tu rentres en Suisse.
Avec la carte, tu as droit dans l’État de séjour aux prestations médicalement nécessaires qui deviennent indispensables de manière imprévue pendant ton séjour, en cas de maladie, d’accident ou de maternité. Tu es traité comme une personne affiliée à l’assurance légale de ce pays. La carte fait partie de l’assurance de base selon la LAMal ; tu n’as pas besoin d’une assurance complémentaire pour en bénéficier.
Chez la plupart des caisses, la CEAM est imprimée au dos de ta carte d’assuré. Les numéros de carte sont alors identiques des deux côtés.
Comment ça fonctionne
Si tu as besoin d’un médecin ou d’un hôpital à l’étranger, présente la CEAM. Il est important de t’adresser à des fournisseurs de prestations qui font partie du système légal de l’État de séjour. Les cliniques privées et les médecins privés n’acceptent souvent pas la carte.
Le décompte suit les règles de l’État de séjour. Cela a trois conséquences :
- Une autre participation aux coûts. Tu paies la quote-part, le forfait ou la contribution qui s’applique là-bas aux personnes assurées. Ces montants diffèrent d’un pays à l’autre et ne sont pas imputés sur ta franchise suisse.
- D’autres modes de paiement. Dans certains États, l’assurance locale paie directement ; dans d’autres, tu avances le montant de la facture et tu te le fais rembourser.
- Une autre étendue des prestations. Ce qui ne fait pas partie de l’assurance légale sur place n’est pas couvert non plus avec la CEAM.
La coordination entre la Suisse et les États partenaires est assurée par l’Institution commune LAMal, qui fait office d’organisme de liaison.
En dehors de l’UE/AELE et du Royaume-Uni, la CEAM n’est pas valable. L’assurance de base n’y paie que les urgences, et au maximum le double du montant qui serait remboursé pour le même traitement en Suisse. Les frais de sauvetage ne sont pris en charge par l’assurance de base que pour les sauvetages en Suisse, à raison de 50 % jusqu’à CHF 5 000 par an au maximum. La CEAM ne couvre pas le rapatriement depuis l’étranger.
Base légale
L’art. 95a LAMal déclare applicables, pour les relations avec l’UE, l’accord sur la libre circulation des personnes avec son annexe II et donc les règlements (CE) n° 883/2004 et 987/2009 ; il en va de même pour l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège via la Convention AELE. Ces règlements régissent ce qu’on appelle l’entraide internationale en matière de prestations : l’État de séjour fournit les prestations, la caisse suisse en supporte les coûts.
L’art. 3, al. 2, de l’ordonnance sur la carte d’assuré (OCA) permet d’imprimer la CEAM au dos de la carte d’assuré, avec un numéro de carte identique. Pour les urgences en dehors de ces États, l’art. 36, al. 2 et 4, OAMal s’applique : il y a urgence lorsque tu as besoin d’un traitement pendant un séjour temporaire à l’étranger et qu’un retour en Suisse n’est pas approprié ; la prise en charge est limitée au double du montant suisse. L’art. 27 OPAS limite la contribution aux frais de sauvetage aux sauvetages en Suisse.
Exemple : urgence en Italie et aux États-Unis
Sophie, 30 ans, a une franchise de CHF 300 qu’elle a déjà entièrement utilisée cette année. Elle tombe malade à deux reprises en voyage et doit aller à l’hôpital. Les montants sont supposés, pour illustrer les règles.
| Vacances en Italie, avec CEAM | Vacances aux États-Unis | |
|---|---|---|
| Facture sur place | selon le tarif italien | CHF 15 000 |
| Même traitement en Suisse | – | CHF 2 000 |
| L’assurance de base paie | les coûts selon le système italien | au maximum CHF 4 000 (double du montant suisse) |
| Part de Sophie | participation aux coûts italienne | au moins CHF 11 000, plus 10 % de quote-part sur la partie couverte |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- Avant le voyage, vérifie le dos de ta carte d’assuré et la date d’expiration. Si la CEAM manque, commande-la à ta caisse.
- Porte toujours la carte sur toi, pas seulement dans ta valise.
- Adresse-toi aux fournisseurs de prestations du système public et conserve toutes les factures et tous les justificatifs.
- Clarifie ta couverture à l’étranger pour les voyages hors d’Europe. Certaines assurances complémentaires l’incluent ; une assurance voyage est une alternative.
La CEAM fait partie de l’assurance de base auprès de chaque caisse, et le droit est partout le même. Pour choisir ton assurance de base, tu peux donc te décider en fonction de la prime ; le calculateur de primes affiche les offres. Quelle caisse propose quelle couverture à l’étranger dans l’assurance complémentaire, tu le trouves dans les fiches sous Caisses-maladie. Si tu habites à l’étranger et travailles en Suisse, des règles spécifiques s’appliquent, voir frontalier.
Erreurs fréquentes
- Présenter le recto de la carte d’assuré. À l’étranger, seule la CEAM au verso compte.
- Choisir une clinique privée. De nombreux prestataires privés n’acceptent pas la CEAM ; tu paies alors toi-même.
- Partir aux États-Unis ou en Asie avec la CEAM. Elle n’y est pas valable, et l’assurance de base ne paie que jusqu’au double du tarif suisse.
- Oublier le rapatriement. La CEAM ne couvre pas le transport de retour en Suisse.
Nous expliquons comment nous comparons les offres sous Notre méthode de calcul.
Questions fréquentes
Où obtenir la carte européenne d’assurance maladie ?
Auprès de ta caisse-maladie. Chez la plupart des caisses, elle est imprimée au dos de la carte d’assuré. Si elle manque, commande-la à ta caisse, idéalement quelques semaines avant le voyage.
Dois-je payer quelque chose moi-même à l’étranger avec la CEAM ?
Souvent, oui. Tu paies la participation aux coûts prévue dans l’État de séjour pour les personnes qui y sont assurées, et il faut parfois avancer le montant de la facture. Le remboursement passe ensuite par ta caisse ou par l’organisme de l’État de séjour.
La CEAM est-elle valable pour une opération planifiée à l’étranger ?
Non. La CEAM ne couvre que les traitements devenus nécessaires de manière imprévue pendant le séjour. Si tu te fais soigner à l’étranger de manière ciblée, tu as besoin au préalable de l’accord de ta caisse.
Ai-je encore besoin d’une assurance voyage avec la CEAM ?
La CEAM te donne uniquement droit à un traitement dans l’État de séjour, sans rapatriement ni traitement privé. Pour le rapatriement, les voyages hors d’Europe ou des frais plus élevés, il te faut une assurance voyage ou une assurance complémentaire.
Termes associés
- Couverture à l’étrangerLa couverture à l’étranger est la protection de ton assurance-maladie si tu tombes malade ou as un accident hors de Suisse. En voyage, l’assurance de base ne paie que les traitements d’urgence : dans l’UE, l’AELE et au UK via la carte européenne d’assurance maladie, ailleurs au maximum le double du montant suisse, à l’hôpital au maximum 90 % des coûts suisses. Elle ne couvre pas les rapatriements.
- FrontalierLes frontaliers habitent à l’étranger, travaillent en Suisse et retournent en règle générale chaque jour ou au moins une fois par semaine à leur domicile. Qui vient d’un État de l’UE ou de l’AELE ou du Royaume-Uni doit en principe s’assurer en Suisse, dans les trois mois suivant le début du travail. Qui habite en Allemagne, en France, en Italie ou en Autriche peut choisir à la place son pays de résidence.
- Assurance voyageUne assurance voyage est une assurance complémentaire facultative qui couvre, en voyage, les frais que l’assurance de base ne paie pas. Hors de l’UE, de l’AELE et du Royaume-Uni, l’assurance de base prend en charge en cas d’urgence au maximum le double des coûts suisses, à l’hôpital au maximum 90 %. Seule une assurance voyage couvre la différence, les rapatriements et les annulations.
- Institution commune LAMalL’Institution commune LAMal est une fondation de tous les assureurs-maladie, dont le siège est à Olten. Elle assume des tâches qu’aucune caisse ne peut remplir seule : elle met en œuvre la compensation des risques, prend en charge les prestations si une caisse devient insolvable et s’occupe des assurés en lien avec l’UE, les États de l’AELE et le Royaume-Uni.
Sources
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 95aArt. 95a LAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 36Art. 36 OAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur la carte d’assuré pour l’assurance obligatoire des soins (OCA), art. 3Art. 3, al. 2, OCAfedlex.admin.ch
- Ordonnance du DFI sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 27Art. 27 OPASfedlex.admin.ch
- Accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE (ALCP), annexe IIfedlex.admin.ch
- Institution commune LAMal : séjour au sein de l’UE/AELEkvg.org
