L’essentiel en bref
- Les assurances collectives existent surtout pour les indemnités journalières en cas de maladie : selon la LCA ou comme assurance facultative d’indemnités journalières selon l’art. 67 LAMal.
- Dans l’assurance de base, chaque caisse perçoit en principe des primes égales de ses assurés (art. 61, al. 1, LAMal) ; les rabais collectifs n’y sont pas prévus.
- L’employeur doit t’informer du contenu essentiel du contrat collectif et de sa résiliation (art. 3, al. 3, LCA).
- En cas de sinistre, tu as un droit propre envers l’assureur, même si c’est l’employeur qui a conclu le contrat (art. 95a LCA).
- Les créances découlant d’une assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie selon la LCA se prescrivent par deux ans (art. 46, al. 3, LCA).
Qu’est-ce qu’une assurance collective ?
Une assurance collective est un seul contrat d’assurance qui protège de nombreuses personnes à la fois. Le partenaire contractuel de l’assureur n’est pas la personne individuelle, mais un employeur, une association patronale, une association professionnelle ou une organisation de travailleurs. Les personnes assurées sont définies dans un « cercle des assurés », par exemple « tous les collaborateurs avec un taux d’occupation d’au moins 20 % ».
Dans l’assurance-maladie, tu rencontres l’assurance collective surtout sous deux formes :
- Assurance d’indemnités journalières en cas de maladie collective. L’employeur assure la perte de salaire de ses collaborateurs en cas de maladie. Beaucoup de ces contrats relèvent de la loi sur le contrat d’assurance (LCA). Il existe aussi l’assurance facultative d’indemnités journalières selon la LAMal, qui peut également être conclue collectivement.
- Contrats collectifs pour les assurances complémentaires. Des employeurs ou des associations négocient avec une caisse des conditions pour l’assurance complémentaire de leurs membres. On parle alors souvent de « rabais collectif ». Ces contrats relèvent de la LCA ; ce qu’ils offrent exactement figure dans chaque contrat.
Il faut clairement distinguer l’assurance de base. Chaque personne y conclut son propre contrat, et la caisse doit en principe percevoir des primes égales de tous ses assurés. Un employeur ne peut donc pas te procurer une prime plus avantageuse dans l’assurance de base. Les primes ne varient que selon le canton, la région de primes, le groupe d’âge, la franchise et le modèle d’assurance, et tu les compares dans le calculateur de primes.
Comment ça fonctionne
Pour une assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie, le déroulement est le plus souvent le suivant :
- Conclusion par l’employeur. L’employeur choisit l’assureur, la part du salaire assurée, le délai d’attente et la durée des prestations. L’assureur fixe la prime dans le contrat. Le contrat de travail ou le règlement du personnel indique si et dans quelle mesure les collaborateurs la cofinancent par une déduction salariale.
- Information à toi. L’employeur doit t’informer du contenu essentiel du contrat, de ses modifications et de sa résiliation, par écrit ou sous toute autre forme permettant d’en établir la preuve par un texte.
- Cas de maladie. Si tu es malade et en incapacité de travail, l’employeur annonce le cas à l’assureur. À l’expiration du délai d’attente, l’assureur verse l’indemnité journalière, selon le contrat à l’employeur, qui la reverse avec le salaire, ou directement à toi. Tu as toutefois un droit propre envers l’assureur.
- Départ. Si tu quittes l’entreprise, la protection d’assurance collective prend fin. La loi règle pour les contrats LAMal, et le contrat pour les contrats LCA, si tu peux passer dans une assurance individuelle. C’est le droit de passage.
L’assurance collective remplace souvent le maintien du salaire légal. Sans assurance, l’employeur doit payer le salaire en cas de maladie pendant un temps limité : trois semaines durant la première année de service, puis plus longtemps selon la durée des rapports de travail. Une solution différente est admise si elle est convenue par écrit et au moins équivalente pour toi.
Base légale
Quelques règles particulières s’appliquent aux assurances collectives selon la LCA. L’art. 3, al. 3, LCA oblige l’employeur qui conclut une assurance collective de personnes pour protéger ses travailleurs à les informer du contenu essentiel du contrat ainsi que de ses modifications et de sa résiliation. Selon l’art. 95a LCA, la personne bénéficiaire dispose, dès la survenance de la maladie ou de l’accident, d’un droit propre contre l’assureur. L’art. 2a, al. 4, LCA exclut le droit de révocation pour les assurances collectives de personnes. Dans l’assurance collective d’indemnités journalières, les deux parties peuvent, selon l’art. 35a, al. 4, LCA, résilier le contrat de manière ordinaire et en cas de sinistre, contrairement à l’assurance complémentaire, où ces droits n’appartiennent qu’au preneur d’assurance. Selon l’art. 46, al. 3, LCA, les créances découlant de l’assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie se prescrivent par deux ans.
Pour l’assurance facultative d’indemnités journalières selon la LAMal, l’art. 67, al. 3, LAMal détermine qui peut conclure une assurance collective : les employeurs pour eux-mêmes et leurs travailleurs, les organisations d’employeurs et les associations professionnelles ainsi que les organisations de travailleurs pour leurs membres. Selon l’art. 77 LAMal, les primes peuvent différer de celles de l’assurance individuelle, mais doivent être fixées de manière à ce que l’assurance collective s’autofinance au moins. L’art. 71 LAMal donne un droit de passage dans l’assurance individuelle en cas de sortie du collectif.
Dans l’assurance de base, l’art. 61, al. 1, LAMal dispose que l’assureur perçoit des primes égales de ses assurés, sauf exception prévue par la loi. Le maintien du salaire par l’employeur est réglé à l’art. 324a CO ; l’al. 4 permet une réglementation différente, au moins équivalente.
Exemple : indemnité journalière du contrat collectif
Marco a 38 ans, travaille à plein temps et gagne CHF 6 500 par mois. Son employeur a une assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie selon la LCA. Les valeurs contractuelles du tableau sont des hypothèses à titre d’illustration ; les valeurs réelles figurent dans le règlement du personnel de Marco et dans le contrat collectif.
| Caractéristique du contrat (supposée) | Valeur |
|---|---|
| Part du salaire assurée | 80 % |
| Délai d’attente | 30 jours |
| Salaire annuel (CHF 6 500 × 12) | CHF 78 000 |
| Salaire par jour civil (CHF 78 000 ÷ 365) | CHF 213.70 |
| Indemnité journalière de 80 % | CHF 170.96 |
| Indemnités pour 30 jours civils après le délai d’attente | CHF 5 128.80 |
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
En tant que salariée ou salarié, il vaut la peine de connaître trois choses :
- Quelle couverture as-tu ? Demande au service du personnel la part du salaire assurée, le délai d’attente et la durée des prestations. L’employeur doit t’en informer.
- Que se passe-t-il à ton départ ? Avant de démissionner, clarifie si tu peux passer dans une assurance individuelle et dans quel délai. C’est particulièrement important si tu es malade ou si tu as une lacune jusqu’au prochain emploi.
- As-tu besoin de ta propre assurance d’indemnités journalières ? Les indépendants et les personnes sans contrat collectif n’ont aucune protection automatique en cas de perte de salaire due à la maladie.
Pour les rabais sur les assurances complémentaires : compare les prestations, pas seulement le rabais. Un rabais sur une assurance dont tu n’as pas besoin ne fait rien économiser. Pense aussi à une éventuelle double assurance si tu as des couvertures semblables via ton employeur et à titre privé. Tu trouves les fiches des caisses sous Caisses-maladie. Si tu as des questions sur ta situation, tu peux demander un conseil.
Erreurs fréquentes
- S’attendre à un rabais collectif dans l’assurance de base. Il n’existe pas. La prime de l’assurance de base est la même pour tous les assurés d’une caisse dans la même région, le même groupe d’âge, avec la même franchise et le même modèle.
- Manquer le passage dans l’assurance individuelle. Pour les assurances d’indemnités journalières selon la LAMal, tu disposes de trois mois après la communication écrite. Pour les contrats LCA, ce sont les délais des conditions contractuelles qui s’appliquent.
- Croire que seul l’employeur peut faire valoir des prétentions. Tu as un droit propre envers l’assureur.
- Sous-estimer la prescription. Les prétentions découlant de l’assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie selon la LCA se prescrivent par deux ans, pas par cinq.
Nous expliquons sous Notre méthode de calcul comment nous construisons les exemples et les comparaisons.
Questions fréquentes
Existe-t-il un rabais collectif via l’employeur dans l’assurance de base ?
Non. La caisse doit en principe percevoir des primes égales de ses assurés, échelonnées seulement selon le canton, la région, l’âge, la franchise et le modèle d’assurance. Les rabais via les employeurs ou les associations concernent les assurances complémentaires selon la LCA.
Que devient mon assurance collective si je change d’emploi ?
Tu sors du cercle des personnes assurées. Pour une assurance d’indemnités journalières selon la LAMal, tu as le droit légal de passer dans l’assurance individuelle du même assureur. Pour une assurance selon la LCA, ce sont les conditions contractuelles qui règlent si et comment tu peux passer dans l’assurance individuelle.
Mon employeur doit-il conclure une assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie ?
Il n’existe pas d’obligation générale. Sans assurance, l’employeur paie le salaire en cas de maladie pendant un temps limité selon l’art. 324a CO. Un accord écrit, un contrat-type de travail ou une convention collective de travail peut prévoir une solution au moins équivalente, souvent justement une assurance collective.
Puis-je révoquer une assurance collective ?
Le droit de révocation de 14 jours de la LCA ne s’applique pas aux assurances collectives de personnes (art. 2a, al. 4, LCA). De toute façon, c’est l’employeur ou l’association qui conclut le contrat, pas toi.
Termes associés
- Assurance d’indemnités journalières en cas de maladieL’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie remplace une partie de ton salaire lorsque tu ne peux pas travailler pour cause de maladie. Elle est facultative et le plus souvent conclue par l’employeur sous forme d’assurance collective. Selon la LAMal, l’indemnité doit être versée pendant au moins 720 jours dans une période de 900 jours. Sans elle, l’employeur ne verse le salaire que trois semaines pendant la première année de service.
- Droit de passageLe droit de passage te permet, lorsque tu quittes une assurance collective, par exemple l’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie de ton employeur, de passer dans une assurance individuelle du même assureur. Pour les assurances d’indemnités journalières selon la LAMal, il est garanti par la loi, sans nouvelles réserves et avec un délai de trois mois. Pour les contrats selon la LCA, les conditions contractuelles règlent si et comment tu peux passer.
- Assurance complémentaireUne assurance complémentaire est une assurance-maladie facultative qui paie des prestations au-delà de l’assurance de base, par exemple la division semi-privée à l’hôpital, les médecines complémentaires, les lunettes ou les soins dentaires. Elle est soumise à la loi sur le contrat d’assurance (LCA) : l’assureur peut poser des questions de santé, émettre des réserves et refuser des propositions. Les prestations et les primes figurent dans les conditions contractuelles et varient selon le produit.
- Double assuranceIl y a double assurance lorsque le même risque est couvert par deux assureurs, par exemple les lunettes dans deux assurances complémentaires. Dans l’assurance de base, c’est impossible : tu n’es toujours assuré qu’auprès d’une seule caisse. Dans les assurances complémentaires selon la LCA, cela arrive ; le dommage n’est alors payé qu’une fois au plus, mais les primes deux fois.
Sources
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 3Art. 3, al. 3, LCAfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 95aArt. 95a LCAfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 2a, 35a et 46Art. 2a, 35a et 46 LCAfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 61Art. 61 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 67, 71 et 77Art. 67, 71 et 77 LAMalfedlex.admin.ch
- Code des obligations (CO), art. 324aArt. 324a COfedlex.admin.ch
