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LCA (loi sur le contrat d’assurance)

Aussi : loi sur le contrat d’assurance, loi fédérale sur le contrat d’assurance, LCA

En bref

La LCA est la loi fédérale du 2 avril 1908 sur le contrat d’assurance. Dans l’assurance-maladie, elle régit toutes les assurances complémentaires, par exemple la division semi-privée à l’hôpital, les soins dentaires ou les médecines complémentaires. Contrairement à l’assurance de base selon la LAMal, l’assureur peut poser des questions de santé, émettre des réserves et refuser une proposition.

Mis à jour le

Cette traduction est une version provisoire et doit encore être relue par un ou une spécialiste de langue maternelle française. La version allemande fait foi. Version originale : Deutsch

Illustration : document contractuel relié avec un signet posé sur un bureau, à côté d’un stylo plumeImage d’illustration, générée par IA

L’essentiel en bref

  1. Les assurances complémentaires relèvent de la LCA, pas de la LAMal ; il n’existe ni obligation d’admission ni catalogue de prestations uniforme.
  2. Après la proposition, tu as 14 jours pour la révoquer par écrit ou par e-mail (art. 2a LCA).
  3. Si tu tais un fait de santé important sur lequel tu as été interrogé, l’assureur peut résilier le contrat dans les quatre semaines après en avoir eu connaissance (art. 6 LCA).
  4. Dans l’assurance complémentaire à l’assurance-maladie, seul le preneur d’assurance peut résilier de manière ordinaire, au plus tôt pour la fin de la troisième année, avec un préavis de trois mois.
  5. Les tarifs et les conditions de l’assurance complémentaire à l’assurance-maladie sont approuvés par la FINMA, pas par l’OFSP.

Qu’est-ce que la LCA ?

La LCA est la loi fédérale sur le contrat d’assurance. Elle date du 2 avril 1908 et porte le numéro RS 221.229.1. La loi règle les droits et obligations entre toi et une entreprise d’assurance privée, c’est-à-dire le contrat lui-même : proposition, information, obligation de déclarer, prime, prestation, résiliation. Elle s’applique à de nombreuses assurances privées, par exemple l’assurance ménage, la responsabilité civile ou l’assurance-vie. Une révision importante est en vigueur depuis le 01.01.2022 ; elle a notamment introduit le droit de révocation et le droit de résiliation ordinaire.

Dans l’assurance-maladie, la LCA est le pendant de la LAMal. L’assurance de base obligatoire est une assurance sociale régie par la LAMal. Tout ce qui va au-delà est une assurance complémentaire facultative régie par la LCA. L’art. 2 al. 2 de la loi sur la surveillance de l’assurance-maladie (LSAMal) le dit expressément : les caisses-maladie peuvent proposer des assurances complémentaires en plus de l’assurance de base, mais celles-ci sont soumises à la LCA. Exemples typiques : l’assurance d’hospitalisation en division semi-privée ou privée, les assurances complémentaires ambulatoires pour les lunettes, les médecines complémentaires ou les médicaments non remboursés par l’assurance de base, les assurances dentaires et les assurances voyage.

Pourquoi la différence est si importante

La LAMal repose sur la solidarité : chaque caisse doit t’accepter, les prestations sont les mêmes et la prime ne dépend pas de ta santé. La LCA repose sur la liberté contractuelle. L’assureur peut t’interroger sur ta santé, exclure certaines maladies par une réserve ou refuser entièrement la proposition. Les prestations et les primes figurent dans les conditions générales d’assurance (CGA) du produit. Les primes peuvent être échelonnées selon l’âge d’entrée, le sexe et la région.

Assurance de base selon la LAMal et assurance complémentaire selon la LCA
Assurance de base (LAMal)Assurance complémentaire (LCA)
Obligationobligatoire pour toutes les personnes domiciliées en Suissefacultative
Admissionobligation d’admission, pas de questions de santéquestions de santé, réserves, refus possible
Prestationslégales, identiques dans toutes les caissescontractuelles, différentes selon le produit
Primeidentique par région, classe d’âge, franchise, modèleselon l’âge, le sexe, la région, le produit
Surveillance des primesOFSPFINMA
Résiliationdélais légaux selon l’art. 7 LAMalselon le contrat et l’art. 35a LCA

Comment ça fonctionne

Un contrat selon la LCA naît d’une proposition et d’une acceptation. Tu fais une proposition, généralement sur un formulaire comportant des questions de santé. Tu es lié par cette proposition pendant 14 jours, ou quatre semaines si un examen médical est nécessaire (art. 1 LCA). L’assureur examine la proposition et l’accepte, avec ou sans réserve, ou la refuse.

Obligation d’informer : avant la conclusion du contrat, l’assureur doit t’informer de manière compréhensible et sous une forme permettant d’en établir la preuve par un texte sur son identité et sur le contenu essentiel du contrat : risques assurés, étendue de la couverture, primes, durée et fin du contrat, traitement des données et ton droit de révocation (art. 3 LCA). S’il viole cette obligation, tu peux résilier le contrat (art. 3a LCA).

Droit de révocation : tu peux révoquer ta proposition ou ta déclaration d’acceptation dans les 14 jours, par écrit ou par tout autre moyen permettant d’en établir la preuve par un texte, donc aussi par e-mail (art. 2a LCA). Le délai est respecté si tu envoies la révocation le dernier jour.

Obligation de déclarer : tu dois répondre conformément à la vérité à toutes les questions de l’assureur sur les faits importants pour l’appréciation du risque, pour autant que tu les connaisses ou doives les connaître (art. 4 LCA). Ce qui est demandé de manière précise est présumé important. Si tu réponds de façon inexacte ou si tu tais quelque chose (réticence), l’assureur peut résilier le contrat dans les quatre semaines après en avoir eu connaissance. Pour les sinistres déjà survenus qui sont liés au fait tu, son obligation de prester s’éteint ; il peut réclamer les prestations déjà versées (art. 6 LCA).

Durée et résiliation : chaque contrat peut être résilié pour la fin de la troisième année ou de chacune des années suivantes, moyennant un préavis de trois mois, même si une durée plus longue a été convenue (art. 35a al. 1 LCA). Dans l’assurance complémentaire à l’assurance-maladie, ce droit de résiliation ordinaire et le droit de résiliation en cas de sinistre n’appartiennent qu’au preneur d’assurance, pas à l’assureur (art. 35a al. 4 LCA). Pour de justes motifs, chaque partie peut résilier en tout temps (art. 35b LCA). De nombreuses CGA prévoient en outre un droit de résiliation en cas de hausse de prime ; il n’existe pas de droit légal général en ce sens, les CGA font foi.

Surveillance : l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) surveille les assureurs selon la loi sur la surveillance des assurances (LSA). Les tarifs et les CGA de l’assurance complémentaire à l’assurance-maladie sont soumis à approbation (art. 4 al. 2 let. r LSA). La FINMA vérifie que les primes garantissent la solvabilité de l’assureur et protègent les assurés contre les abus (art. 38 LSA). Elle ne publie toutefois pas les tarifs.

Base légale

La référence est la loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA). Pour les assurances complémentaires à l’assurance-maladie, les dispositions suivantes sont particulièrement importantes :

  • Art. 1 LCA : engagement du proposant pendant 14 jours, quatre semaines en cas d’examen médical.
  • Art. 2a LCA : droit de révocation de 14 jours à compter de la proposition ou de l’acceptation, par écrit ou sous forme de texte.
  • Art. 3 et 3a LCA : obligation d’informer de l’assureur avant la conclusion du contrat et droit de résiliation en cas de violation ; ce droit s’éteint quatre semaines après que tu en as eu connaissance, au plus tard deux ans après la violation.
  • Art. 4 et 6 LCA : obligation de déclarer lors des questions de santé et droit de résiliation de l’assureur dans les quatre semaines après avoir eu connaissance d’une réticence.
  • Art. 35a LCA : résiliation ordinaire pour la fin de la troisième année ou de chacune des années suivantes, avec un préavis de trois mois ; selon l’al. 4, réservée au preneur d’assurance dans l’assurance complémentaire à l’assurance-maladie.
  • Art. 35b LCA : résiliation extraordinaire pour de justes motifs, en tout temps.
  • Art. 35c LCA : les clauses permettant à l’assureur de limiter ou de supprimer unilatéralement, après une résiliation, des prestations périodiques en cours sont nulles.
  • Art. 46 LCA : les créances découlant du contrat se prescrivent par cinq ans à compter de la survenance du fait qui fonde l’obligation de prester.

Beaucoup de ces règles sont semi-impératives : selon l’art. 98 LCA, elles ne peuvent pas être modifiées à ton détriment, notamment les art. 1 à 3a, l’art. 6 et l’art. 35a. Le rattachement des assurances complémentaires à la LCA découle de l’art. 2 al. 2 LSAMal. La surveillance des tarifs et des CGA est réglée par l’art. 4 al. 2 let. r et l’art. 38 LSA. Le fait que l’ancienne caisse ne peut ni imposer l’assurance complémentaire ni la résilier pour ce motif lors d’un changement d’assurance de base figure à l’art. 7 al. 7 et 8 LAMal.

Exemple : délais pour une nouvelle assurance complémentaire d’hospitalisation

Sandra a 29 ans et signe le 02.03.2026 la proposition pour une assurance complémentaire d’hospitalisation en division semi-privée. Le contrat commence le 01.04.2026, et les CGA ne prévoient pas de durée minimale plus courte. Voici les dates qui s’appliquent à elle :

QuoiDateBase
Proposition signée02.03.2026
Envoyer la révocation au plus tard16.03.2026Art. 2a LCA, 14 jours
Début du contrat01.04.2026contrat
Fin de la troisième année du contrat31.03.2029Art. 35a al. 1 LCA
Résiliation ordinaire reçue par l’assureur au plus tard31.12.2028préavis de trois mois

Si Sandra change d’assurance de base pour 2027, son assurance complémentaire d’hospitalisation n’est pas touchée. Elle compare les primes de l’assurance de base dans sa commune avec le calculateur de primes et les assurances complémentaires avec la comparaison des prestations.

Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Traite une assurance complémentaire comme tout autre contrat de longue durée :

  1. Lis les CGA avant de signer. Les prestations, les quotes-parts, les délais de carence, les paliers d’âge et les règles de résiliation y figurent, pas dans la loi.
  2. Réponds de manière complète aux questions de santé. En cas de doute, indique plutôt trop que pas assez. Un traitement passé sous silence peut te coûter ta couverture des années plus tard.
  3. Pense séparément assurance de base et complémentaire. Tu peux changer d’assurance de base chaque année sans mettre en danger ton assurance complémentaire. À l’inverse, changer d’assurance complémentaire est délicat, car le nouvel assureur pose à nouveau des questions de santé. Ne résilie l’ancienne qu’une fois la nouvelle acceptée par écrit.
  4. Utilise le délai de révocation. Si tu as signé quelque chose au téléphone ou à un stand, tu peux le révoquer dans les 14 jours.
  5. Examine les caisses. Les chiffres clés des assureurs se trouvent sous Caisses-maladie ; en cas de litige avec l’assureur, l’Office de médiation de l’assurance-maladie peut t’aider.

Pour toute question sur le choix d’une assurance complémentaire, tu peux demander un conseil ; l’exploitante de ce site est enregistrée auprès de la FINMA comme intermédiaire d’assurance non liée, les informations à ce sujet figurent sous Transparence.

Erreurs fréquentes

  • Résilier trop tôt l’assurance complémentaire. Qui résilie l’ancienne police avant que la nouvelle soit acceptée sans réserve risque de se retrouver sans couverture.
  • Répondre « généreusement » aux questions de santé. Une réponse inexacte n’est pas une peccadille, mais un motif de résiliation avec perte de prestations.
  • Croire que la caisse doit t’accepter. L’obligation d’admission n’existe que dans l’assurance de base.
  • Laisser passer le délai de révocation. Après 14 jours, tu es lié jusqu’à la fin de la troisième année, sauf si les CGA prévoient autre chose.
  • Supposer un droit légal de résiliation en cas de hausse de prime. La LCA n’en prévoit pas ; tes CGA disent si tu peux résilier en cas de hausse.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la LAMal et la LCA ?

La LAMal régit l’assurance de base obligatoire, avec obligation d’admission, catalogue de prestations identique et primes approuvées par l’OFSP. La LCA régit les contrats facultatifs comme les assurances complémentaires : l’assureur décide de l’admission, les prestations et les primes figurent dans le contrat et varient d’un assureur à l’autre.

La caisse-maladie peut-elle résilier mon assurance complémentaire ?

Pas de manière ordinaire : dans l’assurance complémentaire à l’assurance-maladie, le droit de résiliation ordinaire et le droit de résiliation en cas de sinistre n’appartiennent qu’à toi. L’assureur peut résilier en cas de réticence, pour de justes motifs ou en cas de non-paiement de la prime selon les règles légales.

Combien de temps ai-je pour révoquer une proposition d’assurance complémentaire ?

14 jours à compter de la proposition ou de l’acceptation. Le délai est respecté si tu envoies la révocation le dernier jour ou la remets à la poste ce jour-là. Une révocation par e-mail suffit, car elle permet d’en établir la preuve par un texte.

Dois-je aussi résilier l’assurance complémentaire si je change d’assurance de base ?

Non. L’ancienne caisse ne peut ni t’y contraindre ni résilier l’assurance complémentaire pour ce motif (art. 7 al. 7 et 8 LAMal). Tu peux avoir l’assurance de base et l’assurance complémentaire auprès d’assureurs différents.

Termes associés

Sources

  1. Loi fédérale sur le contrat d’assurance (LCA), art. 35aArt. 35a LCAfedlex.admin.ch
  2. LCA, art. 2a (droit de révocation)Art. 2a LCAfedlex.admin.ch
  3. LCA, art. 4 et 6 (obligation de déclarer et conséquences de la réticence)Art. 4 et 6 LCAfedlex.admin.ch
  4. Loi sur la surveillance de l’assurance-maladie (LSAMal), art. 2Art. 2 al. 2 LSAMalfedlex.admin.ch
  5. Loi sur la surveillance des assurances (LSA), art. 4 et 38Art. 38 LSAfedlex.admin.ch
  6. LAMal, art. 7 al. 7 et 8Art. 7 LAMalfedlex.admin.ch
  7. FINMA : Assurancesfinma.ch
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