L’essentiel en bref
- Tu n’as besoin d’une garantie de prise en charge que lorsque la loi, une ordonnance ou le contrat d’assurance l’exige ; l’assurance de base paie la plupart des traitements sans engagement préalable.
- L’assurance de base ne prend en charge un médicament utilisé hors de l’autorisation que sur garantie spéciale après consultation du médecin-conseil ; la caisse décide dans les deux semaines suivant le dépôt de la demande complète (art. 71d OAMal).
- La physiothérapie est prise en charge pour neuf séances au plus par prescription médicale ; après 36 séances, le médecin-conseil examine la poursuite du traitement (art. 5 OPAS).
- Une psychothérapie au-delà de 40 séances nécessite un rapport au médecin-conseil ; la caisse décide dans les 15 jours ouvrables (art. 3b OPAS).
- Si la caisse refuse, tu peux exiger une décision formelle écrite et former opposition dans les 30 jours (art. 49 et 52 LPGA).
Qu’est-ce qu’une garantie de prise en charge ?
Une garantie de prise en charge est l’assurance donnée par la caisse-maladie qu’elle prendra en charge les coûts d’un traitement, d’un médicament ou d’un moyen auxiliaire précis, avant que la prestation ne soit fournie. Dans les textes légaux, on parle le plus souvent de « garantie spéciale de l’assureur ». Elle te donne, ainsi qu’au fournisseur de prestations, la certitude que la facture ne sera pas refusée après coup.
La distinction est importante : la très grande majorité des prestations de l’assurance de base ne nécessitent aucune garantie. Consultation médicale, analyse de laboratoire, médicament de la liste des spécialités ou urgence à l’hôpital : la caisse paie si les conditions légales sont remplies. Une garantie n’est obligatoire que là où une ordonnance l’exige expressément. Il s’agit surtout de prestations coûteuses, prises en charge seulement à certaines conditions ou dépassant un nombre usuel de séances. Le Département fédéral de l’intérieur désigne ces prestations dans l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS) et ses annexes (art. 33 OAMal).
Dans l’assurance complémentaire, la garantie de prise en charge relève du contrat. Les hôpitaux l’exigent souvent avant une admission en division semi-privée ou privée, ou dans un hôpital situé hors du canton de domicile. Les règles figurent dans les conditions générales d’assurance (CGA) de ton assurance complémentaire.
Il ne faut pas confondre la garantie de prise en charge avec un devis. Celui-ci est établi par le fournisseur de prestations, par exemple une dentiste, et indique seulement ce que le traitement coûtera probablement. Si la caisse en paie une partie et laquelle, elle ne le décide qu’avec la garantie.
Comment ça fonctionne
La procédure
- Demande : le médecin traitant, l’hôpital ou le thérapeute adresse à la caisse une demande comprenant le diagnostic, le traitement prévu et la justification.
- Examen par le médecin-conseil : les données médicales sont transmises au médecin-conseil de la caisse. Il examine si les conditions de la prise en charge sont remplies (art. 57 al. 4 LAMal). Il est indépendant dans son appréciation et ne transmet à l’administration de la caisse que les indications nécessaires à la décision (art. 57 al. 5 et 7 LAMal).
- Décision : la caisse décide et te communique, ainsi qu’au fournisseur de prestations, si elle prend en charge les coûts, dans quelle mesure et pour quelle durée.
- Facturation : la prestation est facturée dans le cadre de la garantie. La franchise et la quote-part s’appliquent comme pour toute prestation de l’assurance de base.
Quand l’assurance de base exige une garantie
| Prestation | Règle | Norme |
|---|---|---|
| Médicament utilisé hors de l’autorisation de Swissmedic ou de la limitation, ou ne figurant pas sur la liste des spécialités | Uniquement sur garantie spéciale après consultation du médecin-conseil ; décision dans les deux semaines suivant le dépôt de la demande complète | Art. 71a–71d OAMal |
| Physiothérapie | Neuf séances au plus par prescription médicale ; après 36 séances, rapport au médecin-conseil, qui évalue la poursuite du traitement | Art. 5 OPAS |
| Ergothérapie | Après 36 séances, rapport au médecin-conseil | Art. 6 OPAS |
| Psychothérapie pratiquée par un médecin | Après 40 séances, rapport au médecin-conseil ; décision dans les 15 jours ouvrables | Art. 3b OPAS |
| Intervention élective hospitalière qui doit en principe être effectuée en ambulatoire | Garantie préalable si aucun des critères fixés pour un traitement hospitalier n’est rempli | Art. 3c OPAS |
| Soins dentaires occasionnés par certaines maladies graves du système | Uniquement sur garantie spéciale préalable | Art. 18 OPAS |
S’y ajoutent certaines positions de la liste des moyens et appareils, par exemple les réparations d’appareils achetés, ainsi que d’autres prestations de l’annexe 1 de l’OPAS. Le fournisseur de prestations sait en général si une garantie est nécessaire ; en cas de doute, renseigne-toi auprès de ta caisse.
Base légale
- Art. 57 LAMal : tâches et statut des médecins-conseils. Ils conseillent la caisse, examinent les conditions de la prise en charge, sont indépendants et ne transmettent que les indications nécessaires.
- Art. 33 OAMal : le DFI désigne les prestations qui ne sont prises en charge qu’à certaines conditions ; il le fait dans l’OPAS et ses annexes.
- Art. 71a à 71d OAMal : prise en charge des médicaments dans des cas particuliers, garantie spéciale après consultation du médecin-conseil, décision dans les deux semaines, obligation de motiver un refus (art. 71d al. 6 OAMal).
- Art. 3b, 3c, 5, 6 et 18 OPAS : procédure pour la psychothérapie, les interventions électives hospitalières, la physiothérapie, l’ergothérapie et les soins dentaires liés à des maladies du système.
- Art. 49 et 52 LPGA : pour les prestations importantes ou lorsque tu n’es pas d’accord, la caisse doit rendre une décision formelle écrite ; tu peux former opposition contre celle-ci dans les 30 jours. La procédure d’opposition est gratuite.
- LCA et CGA : dans l’assurance complémentaire, le contrat détermine quand une garantie est nécessaire.
Exemple : physiothérapie après une opération
Daniel a 52 ans et suit une physiothérapie après une opération du genou. L’assurance de base prend en charge neuf séances au plus par prescription médicale ; le premier traitement doit avoir lieu dans les cinq semaines suivant la prescription (art. 5 al. 2 OPAS).
| Étape | Séances | Ce qu’il faut |
|---|---|---|
| 1re prescription | 1–9 | Prescription médicale, première séance dans les cinq semaines |
| 2e prescription | 10–18 | Nouvelle prescription médicale |
| 3e prescription | 19–27 | Nouvelle prescription médicale |
| 4e prescription | 28–36 | Nouvelle prescription médicale |
| Poursuite | dès la 37e | Rapport du médecin au médecin-conseil avec une proposition motivée ; le médecin-conseil propose l’étendue et la durée, la caisse décide |
La procédure est semblable pour les médicaments utilisés hors autorisation : la médecin dépose une demande, le médecin-conseil évalue le bénéfice thérapeutique, et la caisse doit décider dans les deux semaines suivant le dépôt de la demande complète (art. 71d al. 3 OAMal).
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
- Renseigne-toi tôt. Pour un traitement planifié, une réadaptation ou un médicament coûteux, demande si une garantie est nécessaire et qui la demande.
- Veille à ce que le dossier soit complet. Les délais de la caisse ne courent souvent qu’à partir d’une demande complète. Des rapports manquants retardent la décision.
- Fais-toi confirmer la garantie par écrit. Une garantie vaut pour une prestation, une durée ou un nombre de séances précis. Conserve-la et vérifie que le traitement reste dans le cadre accordé.
- En cas de refus, exige une décision formelle. Tu ne peux former opposition que contre une décision formelle. Le délai est de 30 jours.
- Compare les caisses, mais correctement. Dans l’assurance de base, les règles sont les mêmes pour toutes les caisses. Les différences portent sur le service, le délai de traitement et les assurances complémentaires. Tu trouves des informations sur les caisses sous Caisses-maladie et les primes dans le calculateur de primes.
- Fais-toi aider. En cas de litige, l’Office de médiation de l’assurance-maladie intervient gratuitement.
Erreurs fréquentes
- Commencer le traitement avant d’avoir la garantie. Lorsqu’elle est prescrite, la caisse peut refuser de prendre en charge les coûts sans engagement préalable.
- Confondre garantie de prise en charge et devis. Un devis indique le prix, une garantie l’engagement de la caisse. Pour les soins dentaires, l’assurance de base ne paie de toute façon que dans quelques cas.
- Prendre la garantie pour un blanc-seing. Elle vaut dans l’étendue accordée. Davantage de séances, un autre hôpital ou une autre division nécessitent un nouvel examen.
- Oublier l’assurance complémentaire. Pour les séjours en division semi-privée ou privée, les hôpitaux exigent souvent une garantie de l’assurance complémentaire. Clarifie ce point avant l’admission, de même pour une réadaptation ou une cure.
- Accepter un refus oral. Si tu n’es pas d’accord, exige une décision formelle écrite afin de pouvoir former opposition.
La page Hospitalisation explique plus en détail le déroulement à l’hôpital.
Questions fréquentes
Qui dépose la demande de garantie de prise en charge ?
En règle générale, le médecin traitant, l’hôpital ou le thérapeute, car ce sont eux qui doivent fournir les informations médicales. Tu peux toutefois demander en tout temps à ta caisse si une demande lui est parvenue et où en est son traitement.
Combien de temps faut-il pour obtenir une garantie de prise en charge ?
Cela dépend de la prestation. Pour un médicament utilisé hors autorisation, la caisse doit décider dans les deux semaines suivant le dépôt de la demande complète ; pour la poursuite d’une psychothérapie, dans les 15 jours ouvrables. Pour les autres prestations, la loi ne fixe pas de délai précis.
Ai-je besoin d’une garantie de prise en charge pour un séjour à l’hôpital ?
Pour un séjour en division commune d’un hôpital répertorié, l’assurance de base ne prescrit en principe aucune garantie préalable. Pour la division semi-privée ou privée, les hôpitaux demandent souvent une garantie de l’assurance complémentaire. Pour certaines interventions qui doivent en principe être effectuées en ambulatoire, une intervention hospitalière peut, selon les circonstances, nécessiter une garantie spéciale.
Que faire si la caisse refuse la garantie de prise en charge ?
Exige une décision formelle écrite et motivée. Tu peux former opposition contre celle-ci dans les 30 jours. L’Office de médiation de l’assurance-maladie te conseille gratuitement dans cette démarche.
Termes associés
- Médecin-conseilLe médecin-conseil conseille la caisse-maladie sur les questions médicales et vérifie si elle doit prendre en charge une prestation de l’assurance de base. Il est indépendant dans son jugement et ne transmet à la caisse que les informations dont elle a besoin pour décider. En psychothérapie, par exemple, il examine la poursuite du traitement après 40 séances.
- CureUne cure est un séjour de plusieurs jours destiné au traitement ou au repos, par exemple dans un établissement de cure balnéaire. L’assurance de base ne verse une contribution qu’aux cures balnéaires prescrites par un médecin : CHF 10 par jour pendant 21 jours au plus par année civile. Elle ne paie pas les cures de repos ; il faut pour cela une assurance complémentaire qui couvre expressément les cures.
Sources
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 71a à 71dArt. 71a–71d OAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 3b, 3c, 5 et 18Art. 3b, 3c, 5 et 18 OPASfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 57Art. 57 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA), art. 49 et 52Art. 49 et 52 LPGAfedlex.admin.ch
- OFSP, Liste des moyens et appareils (LiMA)bag.admin.ch
- Office de médiation de l’assurance-maladieom-kv.ch
