L’essentiel en bref
- La LAMal ne prévoit pas de droit spécifique à un deuxième avis ; il s’agit d’une prestation médicale ordinaire selon l’art. 25 LAMal.
- Dans le modèle standard, tu choisis librement tout médecin admis pour les traitements ambulatoires (art. 41, al. 1, LAMal).
- Dans les modèles avec choix limité, la caisse ne paie que ce que ton premier interlocuteur a ordonné (art. 41, al. 4, LAMal).
- La franchise et la quote-part de 10 % jusqu’à CHF 700 au maximum par an s’appliquent aussi au deuxième avis.
Qu’est-ce qu’un deuxième avis médical ?
Un deuxième avis est l’appréciation indépendante d’un diagnostic ou d’une proposition de traitement par une deuxième médecin ou un deuxième médecin. La situation typique est celle qui précède une opération planifiable : ton spécialiste recommande une intervention, et tu aimerais savoir si un autre spécialiste arrive à la même conclusion ou voit une alternative.
Dans l’assurance-maladie suisse, le deuxième avis n’est pas un type de prestation à part. La loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal) ne mentionne pas cette notion. L’assurance de base paie les examens et les traitements qui servent à diagnostiquer ou à traiter une maladie. Un deuxième bilan médical en fait précisément partie, tant qu’il est médicalement justifié. Il est donc facturé comme toute autre consultation.
Il faut distinguer le deuxième avis de deux choses semblables. D’abord du changement de médecin : si tu transfères entièrement ton traitement chez une autre médecin, tu ne demandes pas un deuxième avis, tu changes de fournisseur de prestations. Ensuite de l’examen par le médecin-conseil de la caisse-maladie : celui-ci évalue si la caisse doit payer une prestation et conseille la caisse, pas toi.
Certaines caisses-maladie proposent en plus leurs propres services de deuxième avis, souvent par téléphone ou via une organisation partenaire. Ce sont des offres facultatives de chaque caisse ou des éléments d’une assurance complémentaire. Les documents de ta caisse indiquent si et comment elle propose un tel service ; les fiches sous Caisses-maladie présentent les données de base de chaque caisse.
Comment ça fonctionne
Le déroulement dépend surtout du modèle d’assurance que tu as dans l’assurance de base.
Modèle standard avec libre choix du médecin : pour les traitements ambulatoires, tu peux choisir librement parmi toutes les médecins et tous les médecins admis qui sont aptes à traiter ta maladie. Tu prends directement rendez-vous pour le deuxième avis. La facture t’est adressée ou est envoyée à la caisse, comme d’habitude.
Modèle médecin de famille, HMO ou Telmed : tu t’es engagé à contacter d’abord ton premier interlocuteur. Dans le modèle du médecin de famille, c’est ton cabinet de médecin de famille, dans le modèle HMO le cabinet de groupe, dans le modèle Telmed le centre de conseil téléphonique. Si tu souhaites un deuxième avis, tu en parles là-bas et reçois un transfert. Si tu vas directement chez une spécialiste sans transfert, la caisse peut refuser les coûts. Les conditions de ton modèle précisent ce qui s’applique en cas d’infraction.
Documents : pour que le deuxième spécialiste n’ait pas à tout réexaminer, demande au premier cabinet des copies des résultats, des valeurs de laboratoire, des radiographies ou des images IRM et des rapports. Selon la loi sur la protection des données, tu as un droit d’accès à tes données personnelles.
Coûts : la consultation compte pour ta franchise. Une fois celle-ci atteinte, tu paies une quote-part de 10 %, jusqu’à ce que le montant maximal annuel de CHF 700 soit atteint (enfants : CHF 350). Si des examens supplémentaires sont nécessaires pour le deuxième avis, les mêmes règles s’appliquent. La caisse n’est toutefois pas tenue de payer des examens à double sans raison médicale, car chaque prestation doit être efficace, appropriée et économique.
Base légale
La LAMal ne contient pas de droit exprès à un deuxième avis. La prise en charge des coûts découle des règles générales :
- Art. 25, al. 1 et 2, let. a, LAMal : l’assurance obligatoire des soins prend en charge les coûts des prestations qui servent à diagnostiquer ou à traiter une maladie, notamment les examens et traitements ambulatoires dispensés par des médecins.
- Art. 32, al. 1, LAMal : chaque prestation doit être efficace, appropriée et économique. Un deuxième avis avant une intervention le remplit en règle générale ; une simple répétition du même examen sans nouvelle utilité, non.
- Art. 41, al. 1, LAMal : pour les traitements ambulatoires, tu choisis librement parmi les fournisseurs de prestations admis et aptes à traiter ta maladie. La caisse rembourse selon le tarif du fournisseur de prestations choisi.
- Art. 41, al. 4, LAMal : si tu as choisi un modèle avec choix limité, tu renonces à ce libre choix en accord avec la caisse. La caisse ne doit alors payer que les prestations effectuées ou ordonnées par les fournisseurs de prestations désignés. Les prestations légales obligatoires restent assurées dans tous les cas.
- Art. 64 LAMal et art. 103 OAMal : sur les coûts, tu paies la franchise et une quote-part de 10 %, au maximum CHF 700 par an pour les adultes et CHF 350 pour les enfants.
Pour certaines interventions planifiables, la règle « l’ambulatoire avant le stationnaire » selon l’art. 3c OPAS s’applique en outre. Elle ne concerne pas le deuxième avis lui-même, mais est souvent à l’origine de la question de savoir où et comment une intervention doit avoir lieu.
Exemple : arthroscopie du genou dans le modèle du médecin de famille
Laura a 45 ans, une franchise de CHF 1 500 et est assurée dans le modèle du médecin de famille. Un orthopédiste lui recommande une arthroscopie du genou. Laura souhaite d’abord un deuxième avis. Elle en parle avec sa médecin de famille, qui l’adresse à un second cabinet d’orthopédie.
Les montants ci-dessous sont des montants de facture supposés, pour illustrer le calcul ; les coûts réels dépendent du tarif. La franchise et la quote-part sont les valeurs légales.
| Situation | Facture du deuxième avis | Laura paie | La caisse paie |
|---|---|---|---|
| Franchise pas encore atteinte | CHF 250 | CHF 250 | CHF 0 |
| Franchise déjà atteinte | CHF 250 | CHF 25 (10 %) | CHF 225 |
| Directement chez le spécialiste sans transfert | CHF 250 | la caisse peut refuser | CHF 0 |
À noter : l’arthroscopie de l’articulation du genou figure sur la liste des interventions qui sont en principe effectuées en ambulatoire (annexe 1a OPAS, édition du 01.01.2026). Cela peut aussi être un sujet du deuxième avis.
Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?
Un deuxième avis est ton bon droit en tant que patiente ou patient et ne te coûte pas plus, dans l’assurance de base, qu’une consultation ordinaire. Ces points t’aident :
- Vérifie ton modèle. Regarde dans ta police si tu es assuré dans le modèle standard ou dans un modèle avec premier interlocuteur. Dans le second cas, contacte d’abord ton premier interlocuteur.
- Emporte tes documents. Les résultats, les images et les rapports du premier bilan évitent des examens à double et donc des coûts.
- Prépare tes questions. Quelles alternatives existent ? Que se passe-t-il si j’attends ? En ambulatoire ou en hospitalier ?
- Tiens compte du moment. Avant les interventions planifiables, tu as le temps. En cas d’urgence : fais-toi soigner immédiatement.
Si tu veux souvent consulter des spécialistes de ton choix, le modèle standard peut mieux te convenir qu’un modèle meilleur marché avec premier interlocuteur. Tu vois l’écart de prime entre les modèles dans le calculateur de primes. Tu peux changer de modèle au 1er janvier ; les échéances figurent sous Délais.
Erreurs fréquentes
- Aller directement chez le spécialiste dans le modèle médecin de famille ou Telmed. Sans transfert, la caisse peut refuser les coûts.
- Croire que le deuxième avis est gratuit. La franchise et la quote-part s’appliquent comme pour toute consultation.
- Aller au rendez-vous sans documents. Les examens sont alors répétés, et la caisse n’est pas tenue de payer ce doublon dans tous les cas.
- Confondre le médecin-conseil avec un deuxième avis. Le médecin-conseil conseille la caisse sur la question des coûts, pas toi sur le choix du traitement.
Nous expliquons sous Notre méthode de calcul comment nous préparons les exemples et les chiffres.
Questions fréquentes
La caisse-maladie paie-t-elle un deuxième avis ?
Oui, l’assurance de base prend en charge la consultation comme toute autre prestation médicale, si elle est médicalement justifiée. Tu supportes comme d’habitude la franchise et la quote-part. Dans les modèles médecin de famille, HMO et Telmed, le deuxième avis doit passer par ton premier interlocuteur.
Ai-je besoin d’un transfert pour un deuxième avis ?
Pas dans le modèle standard. Si tu as choisi un modèle médecin de famille, HMO ou Telmed, il te faut le transfert de ton premier interlocuteur. Sinon, la caisse peut refuser les coûts.
Dois-je dire à mon médecin que je demande un deuxième avis ?
Il n’y a pas d’obligation. Cela aide toutefois, car la deuxième médecin reçoit alors les résultats, les images et les rapports du premier bilan et n’a pas à refaire les examens.
Quand un deuxième avis vaut-il particulièrement la peine ?
Avant des interventions planifiables et non urgentes, en cas de diagnostic grave et lorsque plusieurs options de traitement s’offrent à toi. En cas d’urgence, il n’y a pas le temps pour cela, et ce n’est pas nécessaire.
Termes associés
Sources
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 41Art. 41 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 25Art. 25 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 32Art. 32 LAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal), art. 64Art. 64 LAMalfedlex.admin.ch
- Ordonnance sur l’assurance-maladie (OAMal), art. 103Art. 103 OAMalfedlex.admin.ch
- Loi fédérale sur la protection des données (LPD), art. 25Art. 25 LPDfedlex.admin.ch
- Ordonnance du DFI sur les prestations de l’assurance des soins (OPAS), art. 3cArt. 3c OPASfedlex.admin.ch
